Portraitd'une nouvelle star. Depuis mercredi, le public français découvre dans le film de Manu Payet et Rodolphe Lauga, «Situation amoureuse: c'est
Bonjour J'ai voulu typer les deux personnages principaux du film American History X (Tony Keye, 1998), très bon film pour ceux qui ne l'ont pas vu. C'est sûr, c'est moins bon que les analyses de Fabien, mais j'ai fait de mon mieux. J'ai essayé de ne pas faire de saga et de sélectionner le plus important, mais c'est un peu long quand même.
CitationToi & Communaute. Notre Seigneur! Fais de nous Tes Soumis, et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre nous nos rites et accepte de nous le repentir. Car c'est Toi certes l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux. 8. Citation de célébrité.
Fürden 16jährigen Skinhead Danny ist sein älterer Bruder Derek ein Held. Dieser hat drei Schwarze getötet, als sie sein Auto stehlen wollten. Durch diesen Akt der Gewalt ist der junge Mann zu einer Ikone der White-Power-Bewegung aufgestiegen. Kaum aus der Haft entlassen, suchen die Ex-Kumpels wieder Dereks Nähe - alle n voran Danny. Keiner weiß aber, daß Derek
Seulsles succès internationaux sont ici traités, les petites productions artisanales le seront ultérieurement. 1. Enemy (Enemy Mine) – Wolfgang Petersen (1985) tip! Soutenez Mr Mondialisation sur Tipeee. Sorti en 1985, Enemy Mine est précisément l’exemple type du film de fiction résolument porteur de valeurs humanistes.
AlPacino – Best.Gangster.Ever. A joué dans The Godfather Series, Scarface, Heat, Carlito « s Way, The Insider, Insomnia, etc. 5. Marlon Brando – « Je » vais vous faire une offre que vous ne pouvez pas « refuser ». A joué dans The Godfather Series, Apocalypse Now, On the Waterfront, A Streetcar Named Desire, etc.
. À travers l’Afghanistan, sous les talibans — Reportage par Rachida El Azzouzi et Mortaza Behboudi Climat — Reportage Livres — Entretien Comment les inédits de Louis-Ferdinand Céline ont été préservés » Il y a un an, le critique de théâtre Jean-Pierre Thibaudat confirmait dans un billet de blog de Mediapart avoir été le destinataire de textes disparus de l’écrivain antisémite Louis-Ferdinand Céline. Aujourd’hui, toujours dans le Club de Mediapart, il revient sur cette histoire et le secret qui l’entourait encore. Le temps est venu de dévoiler les choses pour permettre un apaisement général », estime-t-il, révélant que les documents lui avaient été remis par la famille du résistant Yvon Morandat, qui les avait conservés. Politique — Parti pris
Pour éviter de choisir un film qui peut-être vous feras revivre des choses désagréable...-28 jours plus tard tentative de viol.-300 pas de scene de viol, mais chantage d'un homme sur une femme, qui finit par céder mais l'acte n'est pas montré.-4 mois, 3 semaines et 2 jours viol suggéré-Les Accusés viol avec procès contre agresseurs ainsi que procès de ceux qui ont encouragé à agresser-A corps perdu viol-L'Affront viol-Alien 3 version longue tentative de viol-l'Ame des guerriers viol-American Flowers-American History X viol d'un homme-Antone Fisher-Baise-moi-Bernie viol implicite + tentative de sodomie-Boys don't Cry-Braveheart viol-Buffy contre les Vampires tentative de viol-Cannibal arrivé près de chez vous viol-Chiens de paille-Les Climats. De Nuri Bilge colline a des yeux 1 et 2 viols-Collision-Contre-enquête viol pédophile, qui n'est pas montré, mais qui fait la trame du film.-Cruelle Justice viol-Les Damnés pédophilie implicite-La Dernière maison sur la gauche-Le Dernier train de la nuit-Descent-Le Déshonneur d'Elisabeth Campbel-Dogville-Dolores Clayborne viol pédophile-Dragon Rouge-L'Effet Papillon-Elles étaient cinq-Les Enfants de Saint Nicolas viols sur garçons-Evil Enko-Fatou, la malienne sequestration, viol, mariage forcé-Festen récit de pédophilie-La Fièvre du samedi soir viol -Fortress pareil, je sais plus si c'est le 1 ou le 2, viol d'un homme-Les Garçons de Saint Vincent viols pedophiles-Germinal viol implicite-The Glamorous life of sachiko hanai scène de viol-Gothika viol-La Guerre du Feu viol-Halloween le Commencement-Heroes, 3e épisode tentative de viol-Il était une fois la Révolution viol-Immortel viol-L'Innocence perdue viol-Irréversible viol-Jeanne d'Arc tuée puis violée-La Jeune Fille et la Mort récit de viols-John Rambo-Liens d'amour et de sang-Lila a dit-Les Lois de l'attraction violb80046]-Los Débutantes-Mad Max le 1 ou le 2, je sais plus, [b80046]viol en réunion-Magdalen Sisters viol-matriosky le trafic de la honte viol, tentative de viol-La Maison des Milles Morts-Mysterious Skin-Mystic River-New York Unité Spéciale série qui ne traite que des affaires de viol-Nip/tuck viol-Orange Mécanique viols-Les Oubliés de Juarez scène de viol-Outrages viol en réunion-Oz viol-Les Plaisirs de la chair-La Promesse de l'ombre scène de viol-Quills viol implicite puis tuée-Redacted viol puis tuée-Requiem for a Dream viols-Rivales scène de viol-Rob Roy viol-Salo ou les 120 journées de Sodome viols-Saw 3-Saw 4 viol-Scarie Movie 3 viol d'enfant implicite-Séductrice malgré elle tentative de viol-La Servante Ecarlate-Sexe intention 3 viol-She's so lovely-Sleepers-Soupçons sur un champion attouchements-La Source scène de viol-Sous le silence thème du viol-La Squale viol en réunion-T'aime viol-Le Temps des Gitans viol-Thelma et Louise tentative de viol-The Quiet attouchement sexuel et viol-Trafic Humain-Transamerica-Twin Peaks le film, viols implicite petite, viol implicite plus grande puis tuée-Les Voleurs d'enfance 100 heures d'entrevues avec des victimes et des abuseurs-Vivante-Volver-V pour Vendeta tentative de viol-War Zone-Y a-t-il un français dans la salle ? viol-Le Zombie venu d'ailleur-La rage de l'ange prostitution, violence sexuelle etc.- Kalidor la légende du talisman extrait de viol- Sans peur et sans reproche viol- Tombstone viol sous entendu- la Ciociara viol- Les valseuses ridiculisation de la femme, attouchement- Le baiser Mortel du Dragon violence- Georgia Rule histoire de viol sans scène de..- Irréversible-La coline à des yeux viol violent- La dernière maison sur la gauche- I'll spit on your grave- Extremities- ThrustPris sur Posted on Thursday, 03 April 2008 at 430 AMEdited on Sunday, 04 August 2013 at 543 AM
Film de Tony Kaye 1 h 59 min 3 mars 1999 FranceGenres Policier, DrameCasting acteurs principaux Edward Norton, Edward Furlong, Beverly D'Angelo, Jennifer Lien, Ethan Suplee, Fairuza Balk, Avery Brooks, Elliott GouldPays d'origine États-UnisCasting complet et fiche techniqueDereck, un néo-nazi repenti après un passage en prison, est décidé à changer de vie et à sortir son jeune frère Danny de cette spirale. La scène de la mâchoire = trauma à n'est pas de moi, mais j'ai trouvé ça très bon "Imaginerait-on Hitler en 1939 plier du linge avec un Juif, faire une bonne blague et du coup...Mais qu'est ce que fout American History X dans le sondage des pires films !!!??8KubritchCritique positive la plus appréciéeRégressionL'Amérique est un pays à deux visages. Réputée pour sa liberté d'entreprise et une réussite professionnelle ouverte à tous, elle connaît pourtant des poches de pauvreté, un communautarisme excluant...Lire la critique2Sabots l’on voulait rappeler la distinction fondamentale entre le fond et la forme, American History X constituerait un exemple tout à fait fertile. Sur le fond, le film cherche à dénoncer une...Lire la critique7L'héritage de la haineTrès intense, ce film politique, dur et nauséeux par son propos a eu un impact très important lors de sa sortie aux Etats-Unis parce qu'il aborde sans concession un sujet tabou, le côté sombre d'une...Lire la critique9en prison c'est toi le nègreEpoustouflant . Quel film ! une grande lecon de cinéma .le spectateur est passioné tout le long du film malgré sa cruauté qui'il Norton est parfait rien à redire .ce film m'a plu des...Lire la critique8Critique de par Tre_CoolBon, je dois l'admettre American History X n'est pas le film sombre, dur, crade, mais surtout "claque-dans-ta-gueule" qu'on m'avait promis. Il ne faut pas se voiler la face, le film n'est pas...Lire la critique8Critique de par BlockheadAmerican History X est un film culte dans lequel s'illustre un salaud repenti. Réalisée par Tony Kaye, cette fiction raconte l'histoire de Derek Edward Norton. Pour venger la mort de son père,...Lire la critiqueRecommandéesPositivesNégativesRécentes
Editor’s notes François Brunet est amĂ©ricaniste, professeur Ă l’universitĂ© de Paris VII-Denis Diderot. Il a publiĂ© La Naissance de l’idĂ©e de photographie aux Presses universitaires de France en 2000. Full text Fig. 1. L. Hill, femme tenant un drap d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855, Photographic History Collection, National Museum of American History, Smithsonian Institution. Nota bene le crĂ©dit de cette image, commun Ă toutes les illustrations de l’article, ne srea pas rĂ©pĂ©tĂ© dans les lĂ©gendes suivantes. 1 Je remercie chaleureusement le National Museum of American History, Smithsonian Institution, Washin ... 1En 1851, l’annonce dans les journaux amĂ©ricains d’un procĂ©dĂ© de daguerrĂ©otypie en couleurs, baptisĂ© hillotype d’après son inventeur, Levi Hill, fit aux États-Unis et en Europe une Ă©norme sensation, pour tourner bientĂ´t Ă la controverse et finir en opprobre public pour l’intĂ©ressĂ©, accusĂ© de mensonge et de charlatanisme. Cette affaire est gĂ©nĂ©ralement traitĂ©e comme une simple anecdote dans les histoires de la photographie, et la teneur exacte du procĂ©dĂ© est restĂ©e incertaine jusqu’à nos jours. Pourtant, les soixante-deux plaques hillotypiques conservĂ©es Ă la Smithsonian Institution Ă Washington, rarement reproduites et difficiles Ă reproduire en raison de leur pâleur, montrent distinctement des traces de couleur qui ne relèvent apparemment pas du coloriage ; les exemples que nous proposons, jusqu’ici inĂ©dits, ne peuvent guère manquer de susciter l’intĂ©rĂŞt fig. 1 Ă 91. Le propos de cet article n’est pas, cependant, de chercher Ă valider ou Ă invalider les titres de l’inventeur amĂ©ricain, ni a fortiori de dĂ©crire ou d’analyser son procĂ©dĂ©, Ă©minemment complexe. On s’intĂ©ressera ici Ă l’affaire Hill, plutĂ´t qu’à la nature du hillotype ; et on Ă©tudiera cette affaire sous l’angle nouveau, et apparemment secondaire, de sa rĂ©ception contemporaine en France. Cette rĂ©ception, très nĂ©gative, contribua au discrĂ©dit de l’inventeur dans son pays, tout en tenant lieu en France d’histoire de la photographie amĂ©ricaine ; Ă travers elle, on percevra peut-ĂŞtre mieux l’importance, rĂ©gulièrement sous-estimĂ©e, des facteurs sociaux et institutionnels dans l’histoire des techniques photographiques. Inventeur gĂ©nial ou charlatan Ă©hontĂ© ? 2 Levi Hill, The Magic Buff and Other Improvements, Lexington, Holmes & Grey, 1850 brochure publiĂ©e ... 3 Daguerreian Journal, vol. 2 1851, p. 17, cit. in Beaumont Newhall, The History of Photography, 5e... 4 Après lui avoir conseillĂ© au contraire de publier cf. P. Liebhold, art. cit., et Kenneth Silverma ... 5 Ce traitĂ© aujourd’hui très rare a Ă©tĂ© rééditĂ© par Carnation Press, 1992 ; extraits dans Foresta et ... 2Tâchons d’abord de retracer les grandes lignes d’une affaire très confuse. Celle-ci commence fin 1850 avec la publication d’une brochure sur le daguerrĂ©otype par un certain Levi Hill, pasteur baptiste du village de Westkill, dans le nord de l’État de New York2. L’auteur annonce la dĂ©couverte de certains faits remarquables, ayant trait Ă un procĂ©dĂ© de daguerrĂ©otypie dans les couleurs de la nature » et promet d’en fournir sous peu la recette Ă tous ceux qui voudront bien payer un prix modĂ©rĂ© pour cela. » Ă€ la diffĂ©rence du mĂ©moire de NiĂ©pce de Saint-Victor sur l’hĂ©liochromie, paru un peu plus tĂ´t, cette brochure ne dĂ©crit aucun procĂ©dĂ©. Elle fait nĂ©anmoins sensation dans les colonnes des deux premiers pĂ©riodiques photographiques du monde, le Photographic Art Journal de Henry H. Snelling et le Daguerreian Journal de Samuel D. Humphrey, lequel conclut de sa visite Ă l’inventeur Si RaphaĂ«l avait pu contempler un hillotype avant de terminer sa Transfiguration, la palette et la brosse lui seraient tombĂ©es des mains, et le tableau serait restĂ© inachevĂ©3. » Ă€ partir de 1851, le tout-New York de la photographie va se rendre chez Hill, Ă commencer par Samuel Morse, le parrain du daguerrĂ©otype aux États-Unis, qui attestera la vĂ©racitĂ© des dires de Hill et – presque seul contre tous – dĂ©fendra les droits de ce dernier Ă garder son secret4. Car l’inventeur, pour des raisons complexes et incomplètement Ă©lucidĂ©es, ne souhaite ni publier, ni breveter, ni vendre, ni encore moins dĂ©crire ce secret, et, au lieu de cela, multiplie entre 1851 et 1855 les souscriptions pour des Ă©ditions lĂ©gèrement remaniĂ©es de son manuel. Les daguerrĂ©otypistes amĂ©ricains – victimes, dira-t-on, d’une baisse des ventes, le public prĂ©fĂ©rant attendre la couleur – interprètent ces appels comme des manĹ“uvres puis comme de pures et simples supercheries. De visites en tractations, de souscriptions en certificats, de soupçons en dĂ©nonciations – le magazine Scientific American, en particulier, prend parti contre Hill – et jusqu’à l’intervention d’un comitĂ© sĂ©natorial, qui rendra un rapport favorable sans lui donner de suites, l’affaire fait un Ă©norme scandale, aux États-Unis et en Europe, et traĂ®ne pendant cinq ans. Quand le procĂ©dĂ© sera enfin dĂ©voilĂ©, dans A Treatise on Heliochromy 1856, il passera complètement inaperçu, tout le monde s’étant convaincu que Hill n’était qu’un imposteur, et le daguerrĂ©otype Ă©tant alors en nette perte de vitesse5. 6 Marcus Root, The Camera and the Pencil Philadelphie, 1864, repr. Pawlet, Helios, 1971, intr. de B ... 7 Cit. in B. Newhall, op. cit., p. 272. 8 Josef-Maria Eder, History of Photography 1932, New York, Dover, 1978, p. 316. 9 Exception notable, la petite Histoire de la photographie de Jean-A. Keim Paris, Puf, “Que-sais-je ... 10 B. Newhall, op. cit., p. 272. 11 Naomi Rosenblum, Une histoire mondiale de la photographie, Paris, New York et Londres, Abbeville Pr ... 12 R. Taft, op. cit., p. 91. B. Newhall poursuivit lui-mĂŞme l’enquĂŞte dans The Daguerreotype in Americ ... 13 Don en 1933 du Dr John Garrison, gendre de Levi Hill, comprenant, outre un portrait de l’inventeur ... 14 Floyd et Marion Rinhart, The American Daguerreotype, Athens, University of Georgia Press, 1981, p. ... 3Les historiens ont largement entĂ©rinĂ© ce jugement nĂ©gatif, Ă commencer par les contemporains de Hill. Marcus Root, qui avait pourtant tĂ©moignĂ© en faveur du hillotype, conclut en 1864 que les Ă©preuves montrĂ©es par Hill avaient Ă©tĂ© coloriĂ©es aux pigments, et que mĂŞme s’il avait obtenu un succès partiel », il y avait eu tromperie »6. Quant Ă John Towler, il Ă©crit dans sa nĂ©crologie de Hill en 1865 que les hillotypes Ă©taient produits par une combinaison accidentelle de produits chimiques que [Hill], Ă son dĂ©sespoir, ne put jamais reproduire7 ». Et l’historiographie du xxe siècle s’est gĂ©nĂ©ralement contentĂ©e de suivre l’une ou l’autre de ces deux pistes. Pour Josef-Maria Eder, Hill vendit des licences sur un procĂ©dĂ© qui s’avĂ©ra n’être rien d’autre que de la peinture sur daguerrĂ©otype8 ». Helmut Gernsheim ne semble pas parler de Hill. La mĂŞme indiffĂ©rence a prĂ©valu en France depuis Georges PotonniĂ©e9. MĂŞme aux États-Unis, le diagnostic n’a guère Ă©tĂ© favorable, surtout dans l’historiographie musĂ©ographique. Beaumont Newhall concluait dans la dernière Ă©dition de son History que le traitĂ© de 1856 Ă©tait confus » et l’invention probablement accidentelle10 ; Naomi Rosenblum juge le procĂ©dĂ© inefficace » et voit dans les rĂ©sultats de Hill le fruit du hasard11. Quant Ă la foisonnante historiographie amĂ©ricaine des collectionneurs et des amateurs de daguerrĂ©otypes, si elle a explorĂ© l’affaire en dĂ©tail, elle n’est pas parvenue Ă des conclusions beaucoup plus favorables. Robert Taft, en 1938, proposait le premier rĂ©cit circonstanciĂ©, pour conclure Ă la possibilitĂ© tĂ©nue que Hill ait vraiment dĂ©couvert un procĂ©dĂ© couleur12 ». Ce sont surtout les collectionneurs Floyd et Marion Rinhart qui ont fait avancer le dĂ©bat, en donnant dans leurs deux livres une analyse prĂ©cise de la partie technique du traitĂ© de 1856 et des Ă©lĂ©ments de description des 62 hillotypes lĂ©guĂ©s Ă la Smithsonian Institution en 1933 par le gendre de Hill13. Curieusement, cependant, après avoir rejetĂ© la thèse de l’invention accidentelle comme celle du coloriage, les Rinhart se bornent Ă noter qu’après la publication tardive de son livre de 1856, Hill doit avoir conclu que le daguerrĂ©otype Ă©tait passĂ© Ă l’histoire et qu’une reconnaissance majeure de son procĂ©dĂ© ne viendrait jamais » ; dĂ©plorant une histoire tragique », ils appellent de leurs vĹ“ux une recrĂ©ation expĂ©rimentale du procĂ©dĂ©14. Fig. 2. L. Hill, cavalier chutant de son cheval d’après peinture ou estampe, hillotype, 16,5 x 21,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. 15 Joseph Boudreau, “Color Daguerreotypes Hillotypes Recreated”, in Eugene Ostroff, ed., Pioneers of ... 16 Michael G. Jacob, Il Dagherrotipo a colori, Technische e conservazione, Florence, Nardini, 1992, p. ... 17 Cf. J. Boudreau, p. 198 ; F. et M. Rinhart, art. cit. Voir aussi, sur le thème des injustices de l’ ... 4Tandis que le thème des injustices du destin se perpĂ©tue aujourd’hui sur divers sites web spĂ©cialisĂ©s, une telle expĂ©rimentation a bel et bien Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e, et publiĂ©e en 1987, par l’historien et daguerrĂ©otypiste Joseph Boudreau, qui a rĂ©alisĂ© des hillotypes en suivant la mĂ©thode dĂ©crite dans le traitĂ© de 1856 ; il apparaĂ®t que cette mĂ©thode, quoique difficile, Ă©tait clairement exposĂ©e par Hill et qu’elle produit bien des daguerrĂ©otypes en couleurs, et non pas simplement irisĂ©s15. Un collectionneur et expert, Mike Jacob, a dĂ©crit dans un opuscule de 1992 les hillotypes conservĂ©s Ă Washington et conclu que les couleurs chimiquement inscrites sur ces plaques couvrent tout le spectre » et semblent prĂ©senter une surface lisse, chimiquement homogène, et non pas la surface plus irrĂ©gulière de plaques coloriĂ©es par la main de l’homme »16. Ces auteurs s’accordent nĂ©anmoins Ă concĂ©der que la nature des rĂ©actions chimiques Ă l’œuvre et celle des composĂ©s de chlorures rĂ©sultants ne sont pas Ă©lucidĂ©es, rejoignant ainsi l’opinion de Hill lui-mĂŞme17. Prenant acte de ces expĂ©riences, l’historien John Wood aboutit en 1995 Ă une conclusion qui ne laisse pas d’étonner 18 J. Wood, “The Secret Revealed Literature of the Daguerreotype”, in M. A. Foresta et J. Wood, op. ... Je n’ai pas de doute que Hill ait bien produit des plaques dans les couleurs naturelles, mais sa rĂ©ticence Ă exposer son travail, ses rĂ©clames et ses appels Ă la Barnum, ses produits et ses procĂ©dĂ©s mis en vente Ă des prix gonflĂ©s, et le manque de franchise de son approche, mĂŞme envers ses dĂ©fenseurs, jettent le doute sur ce qu’il a bien pu rĂ©aliser en vĂ©ritĂ©18. » Fig. 3. L. Hill, discussion de soldats avec un drapeau français d’après peinture ou estampe, 16,5 x 21,5 cm pleine plaque, hillotype, v. 1850-1855. 5Autrement dit, quand bien mĂŞme Hill serait un grand inventeur, il serait encore et surtout un charlatan – et l’on en Ă vient Ă se demander Ă quoi sert l’historiographie de la photographie. Ă€ tout le moins, on peut se demander comment tant d’efforts Ă©rudits aboutissent Ă des conclusions aussi frustrantes, et reconduisent des catĂ©gories moralisantes, lĂ oĂą de toute Ă©vidence – c’est du moins mon hypothèse – la dimension sociale et institutionnelle doit ĂŞtre prise en compte. L’on peut aussi s’étonner qu’un John Wood, par ailleurs champion de l’esthĂ©tique “native” du daguerrĂ©otype amĂ©ricain, reproduise en 1995 un Hill caricatural, proche des portraits vengeurs qu’en dressèrent les commentateurs du xixe siècle, notamment français. Un cĂ©lèbre puff » 19 Louis Figuier, Exposition et histoire des principales dĂ©couvertes scientifiques modernes, Ă©d. cons ... 20 Voir Ernest Lacan, Esquisses photographiques, Paris, Grassart/Gaudin, 1856, p. 52-53 ; et Gaston Ti ... 21 Philippe Roger, L'Ennemi amĂ©ricain. GĂ©nĂ©alogie de l'antiamĂ©ricanisme français, Paris, Seuil, 2002, ... 6Le fait est peu connu le rĂ©vĂ©rend Hill et son invention ont nourri en France une mythologie de l’AmĂ©rique photographique, mythologie un peu courte, mais acerbe et durable. InspirĂ©e indirectement par les comptes rendus amĂ©ricains contemporains, gĂ©nĂ©ralement critiques contre Hill, et issue des colonnes de La Lumière, oĂą, on le verra, un vĂ©ritable feuilleton Hill se donna libre cours entre 1851 et 1853, cette satire du charlatanisme amĂ©ricain se perpĂ©tua dans une sĂ©rie d’ouvrages postĂ©rieurs ; je l’examinerai moins pour son contenu, peu original, que pour le point de vue français qui l’imprègne. Les principales Ă©tapes en sont le rĂ©cit extrĂŞmement dĂ©taillĂ© fourni en 1853 par Louis Figuier, lequel ne se lassa jamais de narrer, citations Ă l’appui, ce cĂ©lèbre puff amĂ©ricain19 » ; et la page vengeresse qu’y consacrait Ernest Lacan dans ses Esquisses photographiques 1856. On peut y ajouter un passage des Dissertations d’Alexandre Ken 1864 et un autre du mĂŞme acabit dans les Merveilles de la photographie de Gaston Tissandier 1875, 188220. Ă€ l’image du mot qui la rĂ©sume, puff, dĂ©signant Ă la fois la fumĂ©e et le boniment et censĂ©ment empruntĂ© aux dĂ©tracteurs amĂ©ricains de Hill, l’histoire du hillotype telle que la racontent les spĂ©cialistes nationaux est Ă la fois fidèle Ă son canevas d’origine et imprĂ©gnĂ©e du point de vue de l’anti-amĂ©ricanisme français, tel que l’a brillamment Ă©tudiĂ© Philippe Roger21. On se bornera ici Ă mentionner deux thèmes. Fig. 4. L. Hill, la Cène d’après une peinture ou estampe, hillotype, 16,5 x 21,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. 7Le premier est l’appât du gain, rĂ©sumĂ© par la somme astronomique qu’aurait encaissĂ©e Hill selon Ernest Lacan 200 000 francs ; cette cupiditĂ© est d’autant plus mĂ©prisable qu’elle est le fait d’un rĂ©vĂ©rend on reconnaĂ®t ici la figure du “dieu dollar”, dont les ignobles manĹ“uvres sont systĂ©matiquement mises en regard, dans ces textes fort chauvins, du dĂ©sintĂ©ressement » et du dĂ©nuement » prĂŞtĂ©s au soldat » NiĂ©pce de Saint-Victor. Le second thème est l’enflure du discours, accusation qui certes se justifie amplement des reproches adressĂ©s Ă Hill par ses compatriotes, mais qui s’enrichit ici de la distance romanesque de Paris Ă Westkill l’invention de M. Hill », ce n’était qu’une harangue de camelot yankee, une parole certes efficace les 200 000 francs… mais dont le succès mĂŞme tĂ©moigne d’un contexte barbare, comme on le voit dans la saisissante hypotypose mise en Ĺ“uvre par E. Lacan “[…] Souscrivez donc ! et, avec l’aide de Dieu et de vos dollars, je doterai mon pays de la plus magnifique dĂ©couverte des temps modernes le Hillotype.” ». Grâce Ă ces deux thèmes, entre autres, le roman Hill sert de contrepoint drolatique au sĂ©rieux positif associĂ© aux mĂ©moires de NiĂ©pce de Saint-Victor. 22 Voir par exemple Lacan, op. cit., p. 147-149, et les rĂ©fĂ©rences Ă la photographie en AmĂ©rique dans ... 8Si le hillotype a Ă©chouĂ© comme procĂ©dĂ©, il n’a donc pas Ă©tĂ© perdu – comme ressource rhĂ©torique – pour tout le monde. Ce qui montre surtout la rĂ©ussite de l’opĂ©ration Ă©ditoriale et idĂ©ologique est la longĂ©vitĂ© exceptionnelle de cette anecdote en France, dont tĂ©moignent les ouvrages de Figuier et de Tissandier vers 1880 et mĂŞme 1890, Hill Ă©tait oubliĂ© aux États-Unis, mais faisait encore recette en France. Le fait est d’autant plus notable que jusqu’à l’apparition du Kodak 1888 au moins, cette cĂ©lèbre mystification » reste Ă peu près le seul sujet amĂ©ricain Ă exciter quelque intĂ©rĂŞt des historiens français, au xixe comme au xxe siècle, exception faite des statistiques impresÂsionnantes de la photographie amĂ©ricaine que citaient volontiers les auteurs du xixe22. Lacan et consorts contribuèrent ainsi Ă une indiffĂ©rence, voire Ă une incomprĂ©hension, de la photographie amĂ©ricaine qui, Ă cĂ´tĂ© de ses effets comiques, accentua l’effet “rĂ©volutionnaire” associĂ© aux mutations de l’après-1890. On va voir cependant, en revenant au feuilleton de La Lumière, que la comĂ©die française du hillotype joua sans doute aussi un rĂ´le immĂ©diat dans l’échec de l’inventeur amĂ©ricain. Le feuilleton de La Lumière. Fig. 5. L. Hill, portrait d’homme de style napolĂ©onien d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. 23 R. Taft, op. cit., p. 84-87 ; William Welling, Photography in America The Formative Years 1839-19 ... 9Comme le notait Robert Taft, la controverse sur le hillotype dĂ©bute – en 1851 – au moment prĂ©cis oĂą Ă©mergent, aux États-Unis comme en France, les premiers organes photographiques, journaux et associations, sur fond de dĂ©clin du daguerrĂ©otype mais aussi de dissensions internes aux milieux concernĂ©s23. Aux États-Unis, l’annonce du procĂ©dĂ© paraĂ®t intervenir exprès pour nourrir les colonnes des deux premiers pĂ©riodiques The Daguerreian Journal [DJ], apparu en novembre 1850, qui sera le plus fidèle soutien de Hill et dont ce dernier deviendra d’ailleurs rĂ©dacteur en mai 1851, et le plus artiste The Photographic Art Journal [PAJ], qui dĂ©bute en janvier 1851. Quant Ă La Lumière, apparu en fĂ©vrier 1851, il n’y consacre pas moins de six articles de juin Ă octobre 1851, et encore huit autres par la suite. On peut voir avec AndrĂ© Gunthert une forme de remplissage » dans ces habillages Ă©ditoriaux de traductions du PAJ plutĂ´t que du DJ, très peu citĂ© puis, surtout, du Scientific American [SA], qui se fait remarquer en France par sa croisade contre Hill et pour NiĂ©pce de Saint-Victor ainsi que pour un autre inventeur amĂ©ricain du daguerrĂ©otype en couleurs, Jason Campbell, lequel publia son procĂ©dĂ© dans le SA et marqua sa dette Ă l’endroit de l’inventeur français. Toujours est-il que l’affaire Hill contribua aussi Ă lancer La Lumière. Fig. 6. L. Hill, nature morte d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. 24 Cf. La Lumière, vol. 1, n° 17 1er juin 1851, p. 67. Dès le 5 aoĂ»t, Lacan cite un autre article du ... 10Le second fait remarquable est la rapiditĂ© fulgurante du trajet Ă©ditorial qui mène Lacan d’une phase de vif intĂ©rĂŞt pour le hillotype Ă une condamnation sans appel de son inventeur. Ce trajet s’accomplit, pour l’essentiel, de juin 1851 – oĂą Lacan, citant Henry H. Snelling, dĂ©clare qu’il n’est pas possible de douter » de la dĂ©couverte de Hill – Ă octobre de la mĂŞme annĂ©e, oĂą le renversement de position est consommĂ©. Revenant sur les hommages rendus en AmĂ©rique Ă NiĂ©pce de Saint-Victor, Lacan enfonce alors le clou Ă l’aide d’un extrait du SA du 20 septembre, qui dĂ©clare Ă l’encontre de Hill La gloire de la dĂ©couverte appartient de droit Ă celui qui le premier l’a donnĂ©e au monde, fait qu’on n’apprĂ©cie pas aussi bien ici [aux États-Unis] qu’en Europe. » Conclusion de Lacan [Hill] a trop attendu. » Les lecteurs du magazine français peuvent avoir l’impression que l’affaire est close24. Fig. 7. L. Hill, paysage d’après nature, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. 25 La Lumière, 6 mars 1852 vol. 2, n°11, p. 41-42.Toujours appuyĂ© sur des sources amĂ©ricaines, le te ... 26 “Nouvelles d’AmĂ©rique”, La Lumière, 27 novembre 1852 vol. 2, n° 49, p. 193-194. La lettre-manifest ... 27 En avril 1852 dĂ©jĂ , Hill avait fait Ă©tat Ă Samuel Morse de sa dĂ©fiance Ă l’égard des savants fran ... 28 Le feuilleton dĂ©gĂ©nĂ©ra en 1853 en controverse franco-française, entre Lacan et La Lumière d’un cĂ´tĂ© ... 11Alors que la controverse va durer encore deux bonnes annĂ©es au moins aux États-Unis, elle prendra dĂ©sormais dans La Lumière l’allure d’un roman-feuilleton, qui trouve prĂ©cocement son “dĂ©nouement” dans l’article de une du 6 mars 1852, intitulĂ© “Nouvelles d’AmĂ©rique – La dĂ©couverte de M. Hill – DĂ©nouement” et qui s’ouvre sur un Chers lecteurs, vous n’entendrez plus parler de M. Hill. » C’est cet article qui, dĂ©masquant Hill, fondera la lĂ©gende française du hillotype25. Ce ton satirique ne fera que s’amplifier en 1852-1853, alors que la controverse revĂŞt aux États-Unis une dimension patriotique croissante mais complexe. Il y a alors dĂ©bat, aux États-Unis, entre une position pro-Hill dictĂ©e notamment par le patriotisme et une position anti-Hill appuyĂ©e a contrario sur l’exemple de la gĂ©nĂ©rositĂ© » de NiĂ©pce de Saint-Victor ; Lacan exploite impudemment ce dĂ©bat. Peu après la parution du troisième mĂ©moire de NiĂ©pce de Saint-Victor, La Lumière publie la traduction d’un long manifeste de Hill, prĂ©cĂ©dĂ©e de cet exergue Ă la Eugène Sue Hill vit, Hill agit, Hill Ă©crit – longuement mĂŞme. » Dans ce texte, Hill fustige ceux de ses concitoyens qui renoncent aux honneurs qui croissent dans nos montagnes the honors that grow in our mountains pour les remettre dans les mains de la belle France », c’est-Ă -dire les adeptes de NiĂ©pce de Saint-Victor, et affirme Cette invention est mienne dans toutes les acceptions du mot, et elle n’appartient Ă personne d’autre… seulement je suis tenu d’en faire quelque chose d’utile. Je regarde comme indiscutable mon droit naturel et lĂ©gal de la garder tout entière pour moi, ou d’en disposer », en commençant par l’élever en paix au milieu de mes montagnes ». PrĂ©cisant son attaque, Hill affirme que le principal but de sa lettre est de conserver Ă [son] pays natal l’honneur de la dĂ©couverte » et s’en prend explicitement Ă NiĂ©pce de Saint-Victor et Ă une publication Ă©trangère »26. MĂŞme si Lacan ne le relève pas, il ne peut s’agir que de La Lumière ; et l’on voit ici un effet de retour très clair de la chronique française sur le dĂ©bat amĂ©ricain, voire sur le comportement mĂŞme de Hill, très remontĂ© depuis quelque temps dĂ©jĂ contre la France et les partisans de NiĂ©pce de Saint-Victor27. Dans tout cela, et dans l’annonce que fait Hill d’un nouvel ouvrage, Lacan ne voit pourtant qu’une Ă©nième fanfaronnade le rĂ©vĂ©rend Hill est devenu poète » alors que NiĂ©pce a travaillĂ© ; il a communiquĂ© », avec ce glorieux dĂ©sintĂ©ressement » qui lui vaut d’avoir un disciple en la personne de Jason Campbell. En guise de conclusion, Lacan cite Ă©galement l’article du SA du 23 octobre 1852 qui reproduisait le tĂ©moignage de Samuel Morse en faveur de Hill et de son droit de ne pas rĂ©vĂ©ler ce qui n’est pas parfait, mais pour n’en retenir que le commentaire critique du magazine amĂ©ricain […] ce sont des faits que nous voulons. » Cette maxime est pourtant contredite par l’inflation rhĂ©torique et romanesque qui caractĂ©rise et caractĂ©risera jusqu’en 1855 le feuilleton Hill dans La Lumière28. Hill, un Daguerre manquĂ© ? 12Ni les pitreries d’Ernest Lacan ni mĂŞme l’amertume de Hill contre les savants français » n’épuisent l’intĂ©rĂŞt de cette sĂ©quence. Prisonnier d’un schĂ©ma d’antagonisme entre Hill et NiĂ©pce qui renvoie Ă un point de vue chauvin, Lacan se montre incapable d’interprĂ©ter correctement les hommages amĂ©ricains Ă NiĂ©pce de Saint-Victor et plus gĂ©nĂ©ralement aux normes europĂ©ennes de la communication scientifique ; prĂ©occupĂ© de glorifier » NiĂ©pce, il reste impermĂ©able Ă la signification scientifique et politique de cette Ă©vocation chez les auteurs amĂ©ricains, lesquels envient plus Ă la France l’efficacitĂ© de son organisation institutionnelle – sa puissance – que telle ou telle invention. Dans l’affaire Hill, le point de vue français n’est pas seulement celui que reprĂ©sente Lacan ; c’est aussi celui qui, aux États-Unis, cherche Ă concevoir le schĂ©ma idĂ©al de la publication de l’invention selon un modèle français. De fait, la satire – amĂ©ricaine aussi bien que française – du charlatanisme cupide masque ce problème inextricable qu’est au xixe siècle la reconnaissance et la rĂ©munĂ©ration des inventions. Ce problème de la propriĂ©tĂ© et de la rente des inventions est très bien connu en France, au moins depuis 1839 et la loi sur le daguerrĂ©otype. Et il est Ă cet Ă©gard frappant, quoique pas très surprenant, que Lacan et ses collègues amateurs de puffs n’aient jamais songĂ©, en ces annĂ©es 1851-1853 oĂą La Lumière rendait les honneurs Ă Daguerre et au daguerrĂ©otype, que les mĂ©saventures de l’inventeur amĂ©ricain rappelaient celles de son prĂ©dĂ©cesseur français. Histoire d’un procĂ©dĂ© Ă©laborĂ© mais non divulguĂ©, dont la concrĂ©tisation complète eĂ»t bel et bien rĂ©volutionnĂ© la photographie, l’affaire Hill prĂ©sente pourtant une ressemblance, et sans doute une filiation gĂ©nĂ©alogique, avec l’histoire de Daguerre et du daguerrĂ©otype. Je me bornerai ici Ă esquisser des pistes, sous rĂ©serve d’une rĂ©ouverture plus complète du dossier Hill. Fig. 8. L. Hill, quatre espèces d’oiseaux d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. 29 Cf. F. Brunet, La Naissance de l’idĂ©e de photographie, Paris, Puf, 2000, p. 47-52, et Paul-Louis Ro ... 30 Ă€ commencer par les Humphrey et les Snelling, qui cherchaient Ă organiser la corporation daguerrien ... 13Le mot de hillotype, forgĂ© par Humphrey pour le compte de Hill, dit dĂ©jĂ une ressemblance au moins imaginaire du procĂ©dĂ© amĂ©ricain avec le daguerrĂ©otype comme son modèle français, ce mot visait Ă faire Ă©poque, et les commentaires contemporains aussi bien que postĂ©rieurs sur la rĂ©volution hillotypique dĂ©crivent celle-ci comme une seconde naissance de la photographie, revendiquĂ©e aux États-Unis comme Ă©gale Ă la première. De mĂŞme, le mĂ©lange de propagande et de mutisme qui caractĂ©rise le comportement de Hill peut rappeler les paradoxes de Daguerre, qui, lui aussi, avait longuement hĂ©sitĂ© avant de publier, et multipliĂ© fuites et projets de souscription alors qu’il perfectionnait encore son procĂ©dĂ©, avant de lancer le “coup” Arago29. Dans une certaine vulgate postĂ©rieure Ă 1839, d’ailleurs, Daguerre sera dĂ©peint lui aussi comme un charlatan, un proto-Hill ayant volĂ© son secret et sa gloire Ă un proto-NiĂ©pce, l’oncle de Saint-Victor. Cependant, la ressemblance entre Hill et Daguerre est surtout nĂ©gative Hill Ă©choue lĂ oĂą Daguerre a rĂ©ussi, c’est-Ă -dire Ă©choue Ă mettre en branle un processus commercial ou institutionnel de validation et de rĂ©munĂ©ration pour son invention. Ă€ cet Ă©gard, Hill est l’anti-Daguerre. Son Ă©chec a peut-ĂŞtre moins Ă voir avec l’inachèvement de son procĂ©dĂ© qu’avec la faiblesse institutionnelle des États-Unis en 1850, faiblesse compensĂ©e, mais aussi accusĂ©e, par la presse, et dont sont très conscients les tĂ©moins amĂ©ricains de l’époque30. Fig. 9. L. Hill, homme et femme Ă cheval d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. 31 Un bon exemple de cette rĂ©fĂ©rence est l’espoir exprimĂ© dans un article du PAJ de 1851, que cite La ... 32 Émanant du comitĂ© sur les brevets, qui avait auditionnĂ© Hill, ce rapport Ă©tait inhabituel dans sa d ... 14Or ce rapprochement n’est pas seulement valable a posteriori, et il semble bien y avoir une filiation entre les deux affaires la longue sĂ©quence de non-publication du hillotype en 1851-1856 peut apparaĂ®tre comme un remake manquĂ©, mais conscient chez certains acteurs de la sĂ©quence de divulgation du daguerrĂ©otype en 1835-1839. Il y a des raisons de supposer qu’au dĂ©but des annĂ©es 1850, et singulièrement en 1851-1852 – annĂ©e de la mort de Daguerre, et annĂ©e oĂą La Lumière ouvre une souscription pour un monument aux inventeurs de la photographie, dĂ©marche imitĂ©e Ă New York –, Hill ou certains de ses parrains cherchent Ă rejouer le succès du daguerrĂ©otype en 1839. Quatre indices soutiennent ce qui, je le souligne, n’est qu’une hypothèse. D’abord, plusieurs textes, français et amĂ©ricains, montrent que la procĂ©dure de 1839 servit de rĂ©fĂ©rence pour le hillotype31, mĂŞme si elle n’avait guère de chance d’être reproduite aux États-Unis. Un second indice suggĂ©rant au moins a contrario le poids de l’exemple français est l’attitude de Samuel Morse, parrain du hillotype puis dĂ©fenseur farouche du droit naturel » de Hill Ă ne pas publier ni breveter. “Passeur” transatlantique expĂ©rimentĂ©, Morse connaĂ®t par cĹ“ur la fonction et l’éventuelle inanitĂ© des parrainages prestigieux ; en 1851-1853, tandis qu’il joue les Arago pour Hill, il est embarquĂ© dans une procĂ©dure judiciaire homĂ©rique sur le tĂ©lĂ©graphe, et c’est le dĂ©sir de soustraire son protĂ©gĂ© Ă la rapacitĂ© des plaideurs qui le pousse Ă persuader Hill de renoncer Ă toute publication. Il y a en outre et surtout la dĂ©marche de Hill – convaincu semble-t-il, comme Daguerre, qu’un brevet Ă©tait inapplicable Ă son procĂ©dĂ© chimique – auprès du SĂ©nat amĂ©ricain, qui aboutit Ă ce rapport surrĂ©aliste de mars 1853 oĂą le comitĂ©, après avoir donnĂ© son aval au procĂ©dĂ©, conclut que la presse du moment » ne lui laisse d’autre recours, en guise de mesure pratique, que de placer son rapport dans les archives du SĂ©nat »32. Enfin, et sur tout un autre plan, on est frappĂ© de constater que plusieurs des estampes reproduites par Hill sur ses plaques exhibent des motifs français, voire une origine française, trahissant Ă tout le moins un intĂ©rĂŞt marquĂ© pour la culture française, voire – pourquoi pas ? – l’éventuelle intention de montrer ses rĂ©sultats en France. 15Ces Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion ne peuvent Ă eux seuls valoir rĂ©examen du dossier Hill, l’un des plus Ă©pineux des dĂ©buts de la photographie. Ils devraient permettre nĂ©anmoins de dĂ©passer l’alternative traditionnellement proposĂ©e entre dĂ©couverte gĂ©niale et arnaque de camelot. Quand on accorde Ă l’individu Hill le bĂ©nĂ©fice d’une dĂ©couverte pour lui reprocher du mĂŞme Ă©lan une cupiditĂ© barnumesque, on ne fait pas avancer l’histoire de cette première invention de la photographie en couleurs – invention certes incomplète, mais incontestablement avancĂ©e. On ne comprendra cette histoire, comme l’histoire des sciences et des techniques en gĂ©nĂ©ral, qu’en prenant toute la mesure des facteurs institutionnels, sociaux et politiques. Top of page Notes 1 Je remercie chaleureusement le National Museum of American History, Smithsonian Institution, Washington NMAH, et surtout Shannon Perich, conservatrice, pour son assistance gĂ©nĂ©reuse dans la consultation et la reproduction de ces prĂ©cieux documents. Les plaques sont, Ă quelques exceptions près, des reproductions d’estampes en couleurs, pour la plupart en mauvais Ă©tat voir la description, accompagnĂ©e d’un rĂ©cit succinct de l’affaire, par Peter Liebhold, “Hillotypes a sad tale of invention”, History of Photography, vol. 24, n°1 2000, p. 52 ; les mieux conservĂ©es donnent l’impression d’une reproduction authentique, quoique fruste, des couleurs. Pour l’examen microscopique, l’analyse et des Ă©lĂ©ments de certification a posteriori de ces plaques, voir les Ă©tudes de Rinhart, Boudreau et Jacob citĂ©es aux notes 14, 15 et 16, qui sont par ailleurs les seules, Ă ma connaissance, Ă inclure des reproductions. Dans cet article, je suis seul responsable des traductions, Ă l’exception de celles que j’emprunte aux auteurs français du xixe siècle. 2 Levi Hill, The Magic Buff and Other Improvements, Lexington, Holmes & Grey, 1850 brochure publiĂ©e en 4e partie de la réédition d’un ouvrage du mĂŞme auteur paru en 1849 et intitulĂ© A Treatise on Daguerreotype. 3 Daguerreian Journal, vol. 2 1851, p. 17, cit. in Beaumont Newhall, The History of Photography, 5e Ă©d., New York, MoMA, 1982, p. 269. Ce commentaire, oĂą Humphrey invente le mot “hillotype”, conforme l’annonce du procĂ©dĂ© au modèle de l’invention rĂ©volutionnaire cf. infra. Pour d’autres exemples de ces premières rĂ©actions, voir Robert Taft, Photography and the American Scene A Social History, 1839-1889, New York 1938, Dover, 1964, p. 87-90 ; Merry A. Foresta et John Wood, Secrets of the Dark Chamber, The Art of the Daguerreotype, National Museum of American Art, Washington, Smithsonian Institution Press, 1995 voir 4 Après lui avoir conseillĂ© au contraire de publier cf. P. Liebhold, art. cit., et Kenneth Silverman, Lightning Man The Accursed Life of Samuel Morse, New York, Knopf, 2003, p. 306 ; sur Morse et le daguerrĂ©otype, François Brunet, “Samuel Morse, père de la photographie amĂ©ricaine’”, Études photographiques, n°15, p. 4-30. 5 Ce traitĂ© aujourd’hui très rare a Ă©tĂ© rééditĂ© par Carnation Press, 1992 ; extraits dans Foresta et Wood, op. cit., p. 259-260. 6 Marcus Root, The Camera and the Pencil Philadelphie, 1864, repr. Pawlet, Helios, 1971, intr. de B. Newhall, p. 316, 376. 7 Cit. in B. Newhall, op. cit., p. 272. 8 Josef-Maria Eder, History of Photography 1932, New York, Dover, 1978, p. 316. 9 Exception notable, la petite Histoire de la photographie de Jean-A. Keim Paris, Puf, “Que-sais-je ?”, 1979 concluait prudemment […] la question est encore discutĂ©e de savoir si Hill Ă©tait un grand inventeur ou un imposteur » p. 119. 10 B. Newhall, op. cit., p. 272. 11 Naomi Rosenblum, Une histoire mondiale de la photographie, Paris, New York et Londres, Abbeville Press, 1992, p. 448. 12 R. Taft, op. cit., p. 91. B. Newhall poursuivit lui-mĂŞme l’enquĂŞte dans The Daguerreotype in America, New York, Duell, Sloan & Pearce, 1961. 13 Don en 1933 du Dr John Garrison, gendre de Levi Hill, comprenant, outre un portrait de l’inventeur et un exemplaire du traitĂ© de 1856, 62 plaques obtenues par hilectromy », selon la lettre d’accompagnement NMAH, Levi Hill Daguerreotypes, Access File ; P. Liebhold, art. cit.. Cette collection considĂ©rable est restĂ©e longtemps ignorĂ©e pour la revue Image de Rochester, en 1952, aucun exemple [de hillotype] n’est connu » “The Misadventures of Hill”, Image, vol. 1, n°5 [mai 1952], p. 2. 14 Floyd et Marion Rinhart, The American Daguerreotype, Athens, University of Georgia Press, 1981, p. 223 ; cf. F. et M. Rinhart, American Daguerreian Art, New York, Clarkson N. Potter, 1967, p. 59-62 et 67. 15 Joseph Boudreau, “Color Daguerreotypes Hillotypes Recreated”, in Eugene Ostroff, ed., Pioneers of Photography, Their Achievements in Science and Technology, Springfield, The Society for Imaging Science and Technology, 1987, p. 189-198, avec des analyses spectromĂ©triques et crystallographiques. 16 Michael G. Jacob, Il Dagherrotipo a colori, Technische e conservazione, Florence, Nardini, 1992, p. 71-81, english translation, p. 9. La formule, curieusement mythologique, suggère que l’invention de la photographie en couleurs se prĂ©sente encore aujourd’hui comme une seconde invention de la photographie. 17 Cf. J. Boudreau, p. 198 ; F. et M. Rinhart, art. cit. Voir aussi, sur le thème des injustices de l’histoire, Herbert Keppler, “The Horrible Fate of Levi Hill Inventor of Color Photography”, Popular Photography, juillet 1994, p. 42-43, et P. Liebhold, art. cit. 18 J. Wood, “The Secret Revealed Literature of the Daguerreotype”, in M. A. Foresta et J. Wood, op. cit., p. 215. Cf. J. Wood, ed., America and the Daguerreotype, Iowa City, University of Iowa Press, 1991. 19 Louis Figuier, Exposition et histoire des principales dĂ©couvertes scientifiques modernes, Ă©d. consultĂ©e 3e Ă©d., Paris, Masson-Langlois et Leclercq, 1854, t. 2, p. 73-84. La Lumière du 29 janvier 1853 notait dans son compte rendu de la 2e Ă©dition que Figuier rend justice aux travaux de nos compatriotes, en châtiant le charlatanisme intĂ©ressĂ© du rĂ©vĂ©rend M. Hill, de New York » vol. 3, n° 5, p. 19. Voir aussi L. Figuier, Les Merveilles de la science, Paris, Furne et Jouvet, vol. 3 [187?], p. 71 sq., et le reprint sous le titre La Photographie, Laffitte, 1983 prĂ©sentĂ© comme basĂ© sur l’édition de 1888, p. 76-79. Dans ces deux textes, Figuier conclut son rĂ©cit en expliquant que la comĂ©die » a dĂ» finir, et que le public s’est aperçu, comme dans la pièce de Shakespeare, que le hillotype avait causĂ© beaucoup de bruit pour rien ». 20 Voir Ernest Lacan, Esquisses photographiques, Paris, Grassart/Gaudin, 1856, p. 52-53 ; et Gaston Tissandier, La Photographie, 3e Ă©d., Paris, Hachette, 1882, p. 184-185, qui cite Alexandre Ken. 21 Philippe Roger, L'Ennemi amĂ©ricain. GĂ©nĂ©alogie de l'antiamĂ©ricanisme français, Paris, Seuil, 2002, notamment p. 61-98 sur le Second Empire. Sur le goĂ»t français de cette pĂ©riode pour les figures amĂ©ricaines du boniment humbug et de l’escroquerie hoax, voir Philippe Hamon, “Images Ă lire et images Ă voir images amĂ©ricaines’ et crise de l’image au xixe siècle 1850-1880”, in StĂ©phane Michaud et al., Ă©d., Usages de l’image au xixe siècle, Paris, CrĂ©aphis, 1992, p. 240. Sur la fortune particulière des mots "puff" et "puffisme", voir aussi l'analyse de Joelle Menrath, "'Le pied dans le plat' les 'images amĂ©ricaines' dans la littĂ©rature française", in Georgy Katzarov dir., Regards sur l'antiamĂ©ricanisme. Une histoire culturelle, Paris, L'Harmattan/MusĂ©e d'Art amĂ©ricain de Giverny, 2004, p. 85-93. 22 Voir par exemple Lacan, op. cit., p. 147-149, et les rĂ©fĂ©rences Ă la photographie en AmĂ©rique dans les sommaires de La Lumière. 23 R. Taft, op. cit., p. 84-87 ; William Welling, Photography in America The Formative Years 1839-1900, 1978, Albuquerque, University of New Mexico Press, 1987, p. 81-91 sq. ; sur la France, voir AndrĂ© Gunthert, “L’institution du photographique. Le roman de la SociĂ©tĂ© hĂ©liographique », Études photographiques, n° 12 novembre 2002, p. 37-63. 24 Cf. La Lumière, vol. 1, n° 17 1er juin 1851, p. 67. Dès le 5 aoĂ»t, Lacan cite un autre article du PAJ, beaucoup plus rĂ©ticent, en soulignant a posteriori des soupçons » et des doutes » antĂ©rieurs n°26, p. 101-102. Cette surenchère au doute s’alimente de la querelle qui naĂ®t alors outre-Atlantique entre les dĂ©fenseurs de Hill et les partisans de NiĂ©pce de Saint-Victor, lequel vient de publier son mĂ©moire sur l’hĂ©liochromie et se voit vantĂ© pour son attitude d’ouverture scientifique. Le 17 aoĂ»t n° 28, p. 110, La Lumière traduit un article du PAJ de juillet qui, publiant le mĂ©moire de NiĂ©pce de Saint-Victor, exprime l’espoir qu’avant peu le gĂ©nie de nos artistes amĂ©ricains n’accomplisse ce grand desideratum », la fixation des Ă©preuves colorĂ©es, tout en soulignant que Hill devrait en tout cas partager les honneurs de sa dĂ©couverte avec son compĂ©titeur de l’ancien monde » ; et Lacan d’ironiser sur la postĂ©ritĂ© et la place qu’elle voudra bien faire, Ă cĂ´tĂ© de Hill, Ă un M. NiĂ©pce, qui cependant n’était pas amĂ©ricain. » Ce parcours s’achève le 12 octobre 1851 n°36, p. 142. 25 La Lumière, 6 mars 1852 vol. 2, n°11, p. 41-42.Toujours appuyĂ© sur des sources amĂ©ricaines, le texte français réécrit ces dĂ©nonciations surtout morales dans le vocabulaire mythologique du bateleur », de son puff » et de son piĂ©destal de carton ». C’est aussi dans cet article que Lacan se livre Ă une computation des profits du rĂ©vĂ©rend Hill une somme d’environ 200 000 F, une fortune !… », surtout par contraste avec le dĂ©nuement de NiĂ©pce, qui, lui, ne fait pas de bruit et n’annonce rien ; il travaille et il rĂ©vèle. » Ce dĂ©nouement » sera suivi le 10 avril 1852 vol. 2, n° 16, p. 62 d’un Ă©pilogue » dans lequel Lacan brocarde violemment l’ infatigable philanthrope » Hill et ses Ĺ“uvres de bienfaisance ». 26 “Nouvelles d’AmĂ©rique”, La Lumière, 27 novembre 1852 vol. 2, n° 49, p. 193-194. La lettre-manifeste de Hill, adressĂ©e Ă la confrĂ©rie daguerrienne et au public en gĂ©nĂ©ral », avait Ă©tĂ© publiĂ©e le 26 octobre dans le New York Daily Times et reprise dans l’American Artisan du 6 novembre, source de la traduction française. Cette pĂ©tition intervenait alors que Hill avait reçu de nombreux tĂ©moignages et certificats favorables, les plus importants Ă©tant ceux de Samuel Morse, publiĂ©s dans le National Intelligencer du 8 octobre 1852 dans ce texte, repris dans le SA du 23 octobre, Morse dĂ©clarait que cette invention Ă©tait aussi remarquable que la dĂ©couverte originale de la photographie par Daguerre » et le New York Times du 26 octobre ; voir sur tout ceci F. et M. Rinhart, The American Daguerreotype, op. cit., p. 217-218 et K. Silverman, op. cit., p. 307. La Lumière ne fit nullement Ă©tat de ces tĂ©moignages très favorables, mais seulement des nouvelles attaques du SA et du PAJ contre Hill, son goĂ»t du secret et la tonalitĂ© agressive de son manifeste. 27 En avril 1852 dĂ©jĂ , Hill avait fait Ă©tat Ă Samuel Morse de sa dĂ©fiance Ă l’égard des savants français », qu’il soupçonnait de vouloir sauter sur mon trĂ©sor, et cela dans mon pays natal » Levi Hill Ă Samuel Morse, 26 avril 1852, Samuel Morse Papers, Library of Congress, General Correspondence ; cf. K. Silverman, op. cit., p. 306. 28 Le feuilleton dĂ©gĂ©nĂ©ra en 1853 en controverse franco-française, entre Lacan et La Lumière d’un cĂ´tĂ©, l’abbĂ© Moigno et le Cosmos, revue Ă©clectique qui eut un temps l’ambition de dĂ©trĂ´ner la prĂ©cĂ©dente, de l’autre – controverse qui voit notamment l’abbĂ© Moigno, d’abord violemment hostile Ă Hill et aux tĂ©moignages de complaisance » de Morse Cosmos, vol. 2, p. 39-41, 5 dĂ©cembre 1852, se muer en un partisan Ă©phĂ©mère mais ardent de Hill et de Jason Campbell, et se livrer sur des colonnes entières de Cosmos Ă de savantes critiques philologiques des traductions du SA fournies par La Lumière ibid., p. 89-90. Lacan concluait en dĂ©clarant, d’un ton entendu, pouvoir comprendre la sympathie de M. l’abbĂ© Moigno pour le rĂ©vĂ©rend Hill » M. Hill et le Cosmos », La Lumière, 4 juin 1853, vol. 3, n° 23, p. 90. Le 17 fĂ©vrier 1855, dans le dernier entrefilet de La Lumière sur le hillotype, Lacan ironisera sur la parution d’un nouveau livre de Hill, toujours le mĂŞme et toujours nouveau » vol. 5, p. 26. Mais ce livre ne sera pas commentĂ©, pas plus que le traitĂ© de 1856. Ultime preuve de la mode française du hillotype, la Revue photographique, apparue en dĂ©cembre 1855, y consacre le 5 janvier 1856 un article subodorant une nouvelle mystification » vol. 1, n° 3, p. 34. 29 Cf. F. Brunet, La Naissance de l’idĂ©e de photographie, Paris, Puf, 2000, p. 47-52, et Paul-Louis Roubert, L’Introduction du modèle photographique dans la critique d’art en France 1839-1859, thèse de doctorat, UniversitĂ© de Paris I, juin 2004, p. 31-57. 30 Ă€ commencer par les Humphrey et les Snelling, qui cherchaient Ă organiser la corporation daguerrienne pour la guĂ©rir de sa rĂ©putation de charlatanisme cf. les textes citĂ©s par W. Welling, op. cit., p. 96, 107-109. On peut prĂ©sumer que l’affaire Hill a contribuĂ© Ă favoriser la formation institutionnelle de la corporation. 31 Un bon exemple de cette rĂ©fĂ©rence est l’espoir exprimĂ© dans un article du PAJ de 1851, que cite La Lumière dans son compte rendu du 1er juin 1851 que le gouvernement des États-Unis Ă©pargnera Ă M. Hill la nĂ©cessitĂ© de prendre un brevet pour protĂ©ger ses droits, en lui achetant, au profit du monde entier, sa prĂ©cieuse dĂ©couverte » vol. 1, p. 67. Cette piste serait Ă approfondir du cĂ´tĂ© amĂ©ricain, oĂą l’aspiration Ă une divulgation dĂ©mocratique » semble avoir Ă©tĂ© rĂ©pandue, sinon partagĂ©e par Hill lui-mĂŞme. 32 Émanant du comitĂ© sur les brevets, qui avait auditionnĂ© Hill, ce rapport Ă©tait inhabituel dans sa dĂ©marche et Ă©tonnant dans ses attendus et ses conclusions cf. P. Rinhart, The American Daguerreotype, op. cit., p. 220-221 ; il mĂ©rite une analyse approfondie. Il fut critiquĂ© par le SA du 26 mars 1853 vol. 8, p. 224.Top of page List of illustrations Caption Fig. 1. L. Hill, femme tenant un drap d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855, Photographic History Collection, National Museum of American History, Smithsonian Institution. Nota bene le crĂ©dit de cette image, commun Ă toutes les illustrations de l’article, ne srea pas rĂ©pĂ©tĂ© dans les lĂ©gendes suivantes. URL File image/jpeg, 328k Caption Fig. 2. L. Hill, cavalier chutant de son cheval d’après peinture ou estampe, hillotype, 16,5 x 21,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 416k Caption Fig. 3. L. Hill, discussion de soldats avec un drapeau français d’après peinture ou estampe, 16,5 x 21,5 cm pleine plaque, hillotype, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 376k Caption Fig. 4. L. Hill, la Cène d’après une peinture ou estampe, hillotype, 16,5 x 21,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 336k Caption Fig. 5. L. Hill, portrait d’homme de style napolĂ©onien d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 412k Caption Fig. 6. L. Hill, nature morte d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 448k Caption Fig. 7. L. Hill, paysage d’après nature, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 348k Caption Fig. 8. L. Hill, quatre espèces d’oiseaux d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 356k Caption Fig. 9. L. Hill, homme et femme Ă cheval d’après peinture ou estampe, hillotype, 21,5 x 16,5 cm pleine plaque, v. 1850-1855. URL File image/jpeg, 617k Top of page References Bibliographical reference François Brunet, “Le point de vue français dans l’affaire Hill”, Études photographiques, 16 2005, 122-139. Electronic reference François Brunet, “Le point de vue français dans l’affaire Hill”, Études photographiques [Online], 16 Mai 2005, Online since 09 September 2008, connection on 17 August 2022. URL of page
Accueil > Annales bac S > Anglais LV1 Cette rubrique est dédiée aux révisions en ligne pour l'épreuve d'Anglais LV1 de l'ancien bac S. Cette filière n'existe plus et a été remplacée par les épreuves du bac général à partir de la session 2021. Les nouvelles rubriques dédiées sont disponibles - Sujets E3C de LVA/LVB Anglais - Annales de spé LLCER Anglais en terminale - Annales de spé LLCER Anglais AMC en terminale Retrouvez cependant ici les archives des sujets donnés aux élèves jusqu'à la dernière année plus de 129 annales et 79 corrigés. L'épreuve de l'ancien bac S étant en partie similaire à celle du nouveau baccalauréat, ces documents sont très utiles pour préparer la spé LLCER Anglais au bac général, comme si vous suiviez du soutien scolaire. Session 20201 sujet Session 20199 sujets, 9 corrections Session 20189 sujets, 9 corrections Session 201710 sujets, 8 corrections Session 20168 sujets, 8 corrections Session 201510 sujets, 10 corrections Session 20149 sujets, 5 corrections Session 20139 sujets, 3 corrections Session 20128 sujets, 2 corrections Session 20119 sujets, 3 corrections Session 20108 sujets, 4 corrections Session 200910 sujets, 4 corrections Session 20089 sujets, 3 corrections Session 20077 sujets, 3 corrections Session 20067 sujets, 2 corrections Session 20052 sujets, 2 corrections Session 20042 sujets, 2 corrections Session 20032 sujets, 2 corrections
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